LE CHATEAU D’AMBERVILLE

de Thierry Bourcy, Folio policier

Comme dans tous les romans de cette série que Thierry Bourcy consacre à la période 1914-1918,  la guerre sert de toile de fond à l’intrigue. Elle est dans tous les esprits avec son lot d’absurdités criminelles et son invraisemblable gâchis d’hommes et de matériel

Juin 2016 .Célestin Louise et ses compagnons Béraut, Flachon, Fontaine, Peuch, appartenant à la section du 134° régiment d’infanterie commandée par le lieutenant Doussac, quittent le front de Champagne pour rejoindre les environs de Verdun où le général Joffre et son état-major ont lancé, dans une atmosphère de fin du monde, une attaque gigantesque. «Le front se révélait un puits sans fond et les morts s’accumulaient, des régiments entiers disparaissaient qu’on tentait de reconstituer avec les débris rescapés des autres unités ».

Lors d’une opération de reconnaissance où il s’est porté volontaire, avec Germain Béraut et le lieutenant Doussac, Célestin Louise est grièvement blessé. Le frêle Béraut le transporte sur son dos et parvient à le faire opérer dans un hôpital de campagne, lui sauvant ainsi la vie. Après son opération, le blessé est envoyé au château d’Amberville où il est soigné avec d’autres soldats. Laure d’Amberville fille du châtelain, la sœur Henriette, Léontine Monnard assistent le Dr Dorique et ne ménagent pas leur peine pour apporter du soulagement aux blessés souvent dans un état critique.

Mais dans ce lieu abrité des conflits, voilà que commencent les meurtres. Le premier est le petit caporal Gabriel Lerait qu’on retrouve tué par balle dans une réserve d’eau, puis le noir Aboubacar, puis encore Félix Galade, paysan du sud-ouest à l’accent rocailleux, tué d’une flèche d’arbalète. Dès lors, Célestin Louise se trouve au cœur d’une enquête criminelle malgré les réticences du juge Marty qui ne comprend rien à ces évènements si éloignés de son quotidien.

Célestin Louise ne tarde pas à penser que le comte et Laure d’Amberville en savent plus qu’ils n’en disent et qu’ils cachent un lourd secret familial. Il découvre, dans les bois entourant le château, un  pauvre hère nommé Eugène Coussan que tous semblent craindre au village mais qui ne lui paraît pas réellement dangereux. Il s’agit d’un déserteur qui a pourtant été plusieurs fois cité pour des faits de bravoure mais qui a  fini par éprouver un tel dégoût devant les tueries répétées de cette absurde guerre qu’il accepte, pour échapper aux combats une vie de paria. Est-ce lui l’assassin ? Célestin Louise ne le croit pas. Comme il revient au château, on lui tire dessus. Il entend le galop d’un cheval qui s’éloigne mais ne parvient pas, malgré tous ses efforts, à rattraper celui qui en veut à sa vie. Une  série d’indices pourtant  lui permettront de tirer ses conclusions. Il restera au lecteur à découvrir, à l’aide de notre détective, le nom de l’assassin et les motifs qui furent les siens.

Un roman bien mené où la violence et les crimes les plus horribles s’inscrivent sur fond de guerre . Une guerre dont Célestin Louise n’hésite pas à affirmer qu’elle provoque infiniment plus de blessés et de morts que la criminalité que son métier l’amène à débusquer.

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