LA COTE 512

de Thierry BOURCY. Editions folio policier

Thierry Bourcy, scénariste et réalisateur, a créé le personnage de Célestin Louise, un flic parisien pris dans la tourmente de la guerre 1914-1918. Dans ce premier livre, qui commence en novembre 1914, à Paris, au moment de la mobilisation, il évoque le début de ce conflit meurtrier, le désenchantement qui s’installe très vite chez les appelés après le premier élan patriotique.

Ce que découvrent les jeunes gens qui convergent de toute la France vers le théâtre des opérations, c’est l’enfer des tranchées, des petits chefs parfois brutaux et sans humanités comme l’adjudant Claric, et surtout l’absurdité de ces combats où ils vont comme à la boucherie. Ils obéissent à des ordres dont ils ne comprennent pas la logique, et ont le sentiment que ceux qui les commandent n’en savent pas plus qu’eux. « De toutes façons, on peut savoir que dalle, on entend que des bobards, même les officiers sont au courant de rien. Il paraît que les ordres font pas trois lignes : attaquez, repliez-vous, tenez la position et, pour le reste, fermez vos gueules et tâchez de pas vous faire crever la paillasse, Avec ça, t’es bien avancé » dit un soldat, résumant l’opinion générale.

A chaque instant, la mort les guette. Les conditions dans lesquelles ils vivent sont atroces. Ce qui est surprenant, c’est que les conditions insoutenables du front puissent donner naissance à  une camaraderie bourrue, à l’entraide, et même parfois créent une véritable amitié entre des gens si différents qu’ils ne se seraient jamais fréquentés dans la vie ordinaire. C’est ainsi que Célestin Louise, flic parisien, prend conscience des qualités de cœur et du dévouement sans faille de Germain Béraud, un jeune pickpocket auquel il a eu affaire lorsqu’il était en service à Paris.

Sur la côte 512 où a été envoyé son  régiment, il découvre que le lieutenant Mérange, soi-disant mort au combat lors d’une escarmouche, a en fait été assassiné. Il s’efforce de démasquer l’assassin lors d’une enquête rendue particulièrement difficile par les circonstances et l’incessante menace d’un mystérieux cycliste qui met tout en œuvre pour le tuer lui-même.  Pour les besoins de son enquête, il effectue plusieurs déplacements dans une France qui ne veut rien savoir de ce qui se passe au front pourtant si proche. Et il reçoit à plusieurs reprises des aides inattendues, entre autres celle du médecin major Pransieux, épuisé et impuissant à soulager toutes les souffrances créés par cette guerre absurde et celle d’Octave Chapoutel, dit la Guimauve qu’il venait d’arrêter le jour où la guerre a été déclarée.

Une intrigue pleine de péripéties dans une atmosphère de fin du monde. Un livre à lire pour prendre connaissance de ce pan se notre histoire que la majorité d’entre nous connaissent peu et peut-être aussi, tout simplement, pour le plaisir.

 

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