Livres, objets périssables

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Le monde du livre ne se résume pas à ce qui est mis en lumière ni à ce qui est promu. Le monde du livre, ce sont des milliers de lecteurs avides de découvrir et de rêver,  ce sont des écrivains,  des illustrateurs, des graphistes qui font un vrai travail de création à la marge du système et dont peut-être naîtront les grands noms qui résisteront au temps. Peut-être ou peut-être pas.

L’édition numérique est à cet égard salutaire. Libérée des pesanteurs de la production papier, elle édite les ouvrages à la demande, échappe à la lourdeur de la gestion des stocks et ouvre la voie à une autre création, libérée des diktats des éditeurs classiques.

Les éditeurs ont leur logique propre, éminemment respectable mais différente de celle des auteurs, de sorte qu’au nom de la ligne éditoriale ou des intérêts de  la maison d’édition à laquelle ils s’adressent, un grand nombre d’écrivains sont privés de l’accès à l’édition . Manque de talent ? ou incapacité à entrer dans des cases étroites définies par avance pour des raisons qui n’ont rien à voir avec la valeur des œuvres rejetées ?

Combien de ceux dont les oeuvres sont publiés bénéficient des bienfaits de la publicité accordée aux quelques vedettes, toujours  les mêmes qui,  année après année, quelle que soit la qualité de leur production, tiennent  le haut des gondoles et du pavé parce que leur nom fera vendre.

Aujourd’hui le marché du livre est à la littérature ce que les grandes surfaces sont à la gastronomie. On y trouve le meilleur et le pire mais quid de l’authenticité, de la recherche minutieuse ? Une consommation de masse, des produits destinés à être vite achetés et jetés de même pour être remplacés par des produits similaires.

Seules ont le droit d’exister les œuvres produites par un grand nom de la littérature, de la politique ou du show bizz ; celles qui jettent leurs feux sur une vedette en vue ou les ouvrages de circonstance produits en fonction de l’actualité pour se positionner sur le marché et profiter d’une opportunité qui permettra de toucher des milliers de lecteurs.  L’industrie du livre ne cache pas ses priorités. Les termes employés sont  explicites : best seller ne signifie pas le meilleur livre mais le mieux vendu.

Les critiques des magazines littéraires procèdent de la même logique. « le même petit bouquet de livres marketing est évoqué dans chaque sommaire et tout le reste du travail littéraire s’enfonce dans la nuit aussi vite que les livres disparaissent des librairies. » écrit  François Bon dans son blog sous le titre : Du Web comme mutation de la critique.

La valeur des livres ne se mesure pas à leur poids de papier ou à la place qu’ils occupent dans les rayonnages. Un livre, c’est de l’émotion, de la révolte ou de l’amour, de la connaissance. C’est un concentré d’humanité , une invitation à grandir ou à mieux vivre selon les âges. Les livres sont le sésame qui ouvre les  portes du monde.

On se prend à espérer que  l’édition Web soit capable d’offrir aux auteurs le droit d’exister et aux lecteurs la possibilité de choisir.

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