DES STRATEGIES POUR ACCEDER AU SAVOIR. SAISON 2 (2/3). Une inextinguible soif de connaissance.

Dans la lignée des femmes éminentes que nous avons évoquées dans les chapitres précédents, on peut citer Ada Lovelace.

Adal Lovelace

Augusta Ada King, comtesse de Lovelace, apporta de conséquents développements à la description de la machine inventée par CharlesBabbage qu’on dit être l’ancêtre de nos ordinateurs. Elle plaça le travail de Babbage dans un cadre conceptuel plus large, inventa dans sa célèbre note G ajoutée à la description de l’éminent savant les notions de variables et de boucles en programmation et alla même jusqu’à imaginer que les ordinateurs, qui n’existeraient qu’un siècle plus tard, pourraient un jour penser comme les êtres humains. Une notion impossible à imaginer à cette époque et qu’on peut considérer comme les prémices de l’intelligence artificielle.

Pour d’autres femmes, celles qui n’eurent pas la chance de vivre dans l’entourage d’un savant, l’accès à la science a été un véritable parcours du combattant.  

Sophie Germain

Sophie Germain est le porte-drapeau de toutes celles qui ont accédé à la culture en autodidacte et ont visé l’excellence. Passionnée de mathématiques, elle n’a pas pu entrer à l’Ecole polytechnique interdite aux femmes, mais elle s’est procuré, par un subterfuge, les cours de cette fameuse école dont elle était exclue et a absorbé tous les manuels mathématiques les plus compliqués qu’elle a pu trouver. Pour communiquer ses résultats, elle a usé du pseudonyme de Louis-Auguste Le Blanc, a pu de ce fait échanger avec l’illustre mathématicien Joseph Lagrange, a correspondu avec le non moins célèbre mathématicien allemand Carl Friedrich Gauss et a fourni des études sur les vibrations, la théorie des nombres, la théorie de l’élasticité. Elle a également apporté sa contribution à la démonstration de la fameuse conjecture de Fermat, tout cela sans jamais sans jamais parvenir à la notoriété qu’elle méritait.                                                                            

D’autres encore ont usé d’un chemin différent. Au XVIIe siècle La marquise de Rambouillet, Mesdames de Sablé ou de la Sablière, recevaient dans leurs salons des écrivains et des savants. Elles écrivaient elles-mêmes des romans comme Madeleine de Scudéry et Mme de la Fayette. Elles mirent à la mode l’art de la conversation, la littérature, la grammaire, la philosophie, les sciences. Bien que les académies soient strictement masculines, – l’académie française date de 1631, l’académie des sciences de 1665-, les salons constituèrent bientôt pour les hommes qui les fréquentaient le plus sûr chemin vers la consécration.

En 2012, lors d’une séance publique de l’Académie française dont elle fait elle-même partie[1],  Hélène Carrère d’Encausse raconte comment Mme Lambert, amie de Fénelon, fit élire Fontenelle à l’Académie française. Mme de Tencin, quant à elle, soutint l’élection de Marivaux contre celle de Voltaire. Mme Geoffrin se dépensa sans compter pour faciliter l’entrée de d’Alembert à l’académie des sciences. De sorte qu’on put assister à cette aberration : le plus souvent ce furent les femmes qui n’avaient pas accès aux Académies qui eurent une influence décisive sur la constitution de celles-ci.


Jean le Rond d’Alembert
Fontenelle

[1] Des femmes à l’Académie française ? Hélène Carrère d’Encausse. Séance publique annuelle du 6 décembre 2012

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